Pierre, peux-tu te présenter ?

C’est donc un retour aux sources que j’effectue pour Sémaphore et plus largement pour la communauté des pêcheurs côtiers et des consommateurs de produits de la mer que nous sommes.
Comment procèdes-tu pour calculer le tonnage des métaux lourds déversés dans les opérations d’immersion des vases ?
Ce calcul ne comporte aucune difficulté. Je n’utilise que des données officiellement publiées dans les rapports d’étude commandités par les maîtres d’ouvrage. L’intérêt du calcul est de présenter différemment les conséquences des immersions de vases afin de mieux sensibiliser le grand public au danger qu’elles font courir à la qualité de l’eau, à la faune et à la biodiversité des zones d’immersion.
Document pour en savoir plus sur cette méthode de calcul Les résultats sont-ils fiables ?
Les résultats sont fiables. Ils n’utilisent que les données des rapports d’étude qui ne donnent, d’ailleurs, aucune incertitude sur les mesures de concentration métallique des échantillons carottés. Ils pourraient être encore plus précis avec des carottages plus nombreux et plus profonds, particulièrement aux endroits les plus pollués des ports comme les zones de carénage et de manutention.
Les maitres d’ouvrage répondent à ces chiffres inquiétants qu’il existe un « bruit de fond » de métaux lourds dans les sédiments à l’état naturel ?
Bien sûr les sédiments naturels et les roches ont une concentration propre en éléments métalliques mais elle n’intervient pas ici à moins d’avoir été identifiée dans une source d’alluvions extérieures apportées par un fleuve ou une rivière déjà contaminée en amont. C’est le cas des vases du Port du Crouesty qui contiennent du mercure et seront traitées à terre. Dans aucun des rapports que j’ai étudié jusqu’ici, il fut question de creuser la roche ou les sédiments au-delà de la seule couche de vase déposée au cours des années par l’activité humaine dans les ports. Donc seul le contenu métallique de cette vase draguée intervient dans le calcul effectué ici. Sur le site d’immersion, ces quantités de dépôts métalliques calculées viennent s’ajouter à la teneur initiale en général mal connue du site d’immersion donc se superposer au bruit de fond des roches et des sédiments déjà présents s’il existe.
Comme dans la baie de Quiberon l’année dernière ?
L’immersion ne fait que rajouter et c’est ce qui a été observé dans le suivi ordonné par le Préfet du Morbihan dans la zone de clapage des vases de La Trinité sur Mer dans Mor Braz. Toutes les concentrations des métaux lourds ont augmenté après immersion à la fois dans le vivant par le suivi de la contamination chimique des coquilles St Jacques hors zone de clapage effectué par IFREMER et dans les sédiments de la zone d’immersion mesurés par IN VIVO.
Il est certain que si l’on continue à immerger les vases dans des sites peu profonds avec peu de dispersion, les concentrations métalliques atteindront rapidement des seuils encore mal connus d’irréversibilité sur le vivant par effet cumulatif. L’interdiction de la vente des sardines en Manche à cause des concentrations mesurées en PCB dans la chair de poisson et l’interdiction de l’utilisation du bisphénol dans les biberons plastiques des bébés en sont des premiers exemples.
Trés interessant. Bon courage pour la suite!
RépondreSupprimermdr'' je c'est qui tu est
RépondreSupprimerbon courage je trouve sa très interessant et j'encourage sémaphore a gagner se combat pour une plus belle mer