L’association SEMAPHORE a pour objet de développer tout ce qui peut protéger, favoriser et promouvoir une gestion durable des espaces maritimes (Mor Braz) et côtiers situés entre la presqu’île de Quiberon et Guérande, y compris les bassins versants.
Elue au comité de bassin Loire-Bretagne, SEMAPHORE est agréée association départementale de protection de l'environnement.

Apportez votre soutien en adhérant à Sémaphore - Bulletin d'adhésion ICI

vendredi 9 avril 2010

Les ports propres !

Depuis fin 2008, la question du dragage des vases portuaires fait l'actualité de notre département. Si le clapage de ces vases pose problème c'est qu'elles sont généralement polluées par l'accumulation souvent pendant de longues années de rejets de produits toxiques déversés par les usagers des ports (plaisanciers, pêcheurs, bateaux de commerce, de tourisme...)

Les ports sont pollués par les hydrocarbures, les eaux noires, les eaux grises, les produits utilisés, le carénage, les peintures antifouling.. mais aussi les assainissements, les pluviales, le ruissellement.. les macro déchets (pneus, cordages, casiers, bidons, boites de conserve...)

Si la question du devenir des vases pose un réel problème, il est nécessaire d'intervenir en amont pour limiter au maximum la pollution en intervenant auprès:
- des gestionnaires des ports pour la mise en place de moyens efficaces de récupération des déchets
- des usagers en les informant sur les conséquences très dommageables pour la chaîne alimentaire et la biodiversité .


La directive Marpol *(1973/78) a pour but d' imposer des obligations aux navires et aux ports concernant les déchets. Transposée en droit français avec le décret du 22 sept 2003. Elle donne au directeur du port la responsabilité d'installer des moyens de réception et de tri des déchets .

D'autres actions en faveur des ports propres viennent en complément:
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Le pavillon bleu *éco label crée en 1985 qui valorise les communes et les ports exemplaires
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L'association des ports de plaisance de Bretagne *(APPB) qui sensibilise les ports de plaisance à la nécessité de s'équiper pour préserver l'environnement
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L'association ECONAV *qui travaille en partenariat avec les différents acteurs pour une éco navigation

La mer ne peut plus digérer les déchets qui y sont déversés !
Dans le Pacifique, un cône de pollution de déchets (plastiques et autres) large comme la France et de 10 m de profondeur s'est formé et tourne sans pouvoir se résorber!
Il est du devoir de chacun de lutter par tous les moyens possibles et pour la plupart à la portée de chacun "pour que le progrès n'oublie pas l'homme"

mardi 6 avril 2010

Le point sur le RACE NAUTIC TOUR, les premiers enseignements.

Un débat public s'est instauré sur cette compétition

Depuis nos réactions sur le blog publiées le 26 mars à propos du projet de compétition de motonautisme dans le Mor Braz le débat public s'est instauré notamment à travers les prises de position dans la presse et au conseil municipal d'ARZON. Le montant de la subvention demandée et obtenue de la commune d'Arzon de 15 000€ n'est pas passé inaperçu. Nous sommes très satisfaits que cette opération montée très discrètement au départ fasse l'objet d'une telle attention. La protection de notre environnement marin et terrestre concerne tous les citoyens et tout à chacun a le droit d'avoir les informations sur les initiatives qui peuvent aller à l'encontre de ce bien commun. N'en déplaise aux organisateurs de RACE NAUTIC TOUR nous continuerons notre travail d'information avec rigueur et ouverture. C'est pourquoi, nous avons laissé les commentaires des organisateurs de la compétition sur notre blog, sans craindre de perdre notre âme ni nos convictions.

La concertation une obligation.

Nous ne contestons pas à des organismes ou des individus le droit de prendre des initiatives même si nous ne partageons pas les moyens et les objectifs. Mais dans l'espace public les contraintes d'intérêt général imposent des règles c'est le cas des zones NATURA 2000 et surtout les concertations préalables sont indispensables. Dans un récent interview dans l'Aire Marine le Ministre Jean Louis BORLOO rappelait "Plus la concertation est large plus la protection des sites est efficace" dans la gouvernance NATURA 2000. C'est pourquoi, nous avons saisi le Maire d'Arzon pour organiser une réunion et le comité local des pêches a fait de même auprès du services des ex "Affaires maritimes".
Dernière minute...

vendredi 2 avril 2010

RACE NAUTIC TOUR : le comité local des pêches écrit au Maire d'ARZON

Nous publions une copie des deux courriers adressés par le comité local des pêches au maire d'ARZON et au directeur de la DML (Délégation à la Mer et au Littoral) de la Préfecture. Ces deux lettres demandent une concertation préalable avant la manifestation.

mercredi 31 mars 2010

RACE NAUTIC TOUR : Sémaphore écrit au Maire d'Arzon

Après une réunion de nos instances notre association SEMAPHORE a adressé ce jour un courrier demandant au Maire d'Arzon d'organiser une réunion d'information avec les tous les élus concernés, les organisateurs de la compétition et les associations afin de présenter le projet d'organisation et le déroulement de la manifestation sportive de RACE NAUTIC TOUR.

En effet, des informations contradictoires sur le circuit, l'organisation et les impacts de cette course ont été données. La population doit avoir toutes les informations nécessaires car les inquiétudes et les interrogations sont nombreuses.

Nous attendons avec impatience la réponse du Maire d'Arzon à notre demande.

samedi 27 mars 2010

Plein gaz dans un site "d'importance internationale" pour les oiseaux migrateurs" !

"Les moteurs de M. Tout le monde" ....

Sans doute pour rassurer la population et les élus, l'organisateur de la compétition RACE NAUTIC TOUR nous répond ce jour dans le Télégramme en minimisant maladroitement les effets de cette manifestation. Ainsi il évoque des moteurs de "M. Tout le monde" sur les bateaux de compétition. Il est vrai que ces moteurs sont standards mais ces bateaux peuvent dépasser largement les 100 km/h avec toutes les nuisances que l'on peut imaginer notamment quand ils sont en course.

.... Dans une zone "d'importance internationale" pour les oiseaux migrateurs.

La manifestation (cf la carte jointe) doit se dérouler dans une zone dite de protection spéciale définie à l'article L414-1 du code de l'environnement "qui servent d'aires de reproduction, de mue, d'hivernage ou de zones de relais, au cours de leur migration, à des espèces d'oiseaux ". Ce site fait partie du réseau NATURA 2000 qui a pour objectif de "de conserver ou à rétablir dans un état favorable à leur maintien à long terme les habitats naturels et les populations des espèces de faune et de flore sauvages qui ont justifié leur délimitation."

La zone "d'importance communautaire" appelé "Golfe du Morbihan. Côte ouest de Rhuys" a été retenue par les instances nationales et européennes en raison de ses richesses environnementales. Sur le site officiel du Ministère de l'écologie (lien) les motifs scientifiques de ce classement sont exposés : "L'importance internationale du golfe du Morbihan et des secteurs complémentaires périphériques (étier de Pénerf, presqu'île de Rhuys) pour l'hivernage et la migration des oiseaux d'eau(site RAMSAR accueillant entre 60 000 et 130 000 oiseaux en hiver)... Le golfe est par ailleurs un site de reproduction pour la Sterne...l'Avocette...l'Echasse, l'Aigrette....."

Pour être complet la compétition sportive va se dérouler en pleine période de nidification !

Plein gaz avec l'aide financière des collectivités !
Selon nos informations la manifestation doit bénéficier d'une aide financière de 30 000 euros dont la moitié pour la commune d'ARZON et l'autre moitié pour le Conseil général du Morbihan. Au conseil municipal d'Arzon de lundi prochain 29 mars la question de l'attribution de cette subvention est inscrite à l'ordre du jour.

Dans les prochains jours nous vous ferons part de nos initiatives sur ce dossier et des réactions qu'il suscite.

vendredi 26 mars 2010

Mor Braz : parc marin ou circuit de Formule 1 en mer ?

Dans un article de presse joint on nous annonce pour le premier week-end de mai un "RACE NAUTIC TOUR" au port du Crouesty à Arzon. Nous avons sur internet recherché à en savoir plus sur cette compétition de motonautisme. Toujours dans notre souci constant d'informer la population vous trouverez une vidéo diffusée sur le site qui fait la promotion de cette compétition. Des images qui nous font penser à une compétition automobile avec toutes les nuisances sonores et autres comme sur un circuit de Formule 1 mais en mer.


Une compétition visible entre la pointe du Grand Mont et le Petit mont !
Ce type de compétition existe et en soit on ne peut pas la condamner mais en plein milieu du Mor Braz "C'est là que le bât blesse" ! Sur un site faisant la promotion de la manifestation on annonce qu'elle sera "visible entre la pointe du Grand Mont et la pointe du petit Mont" !
Quelle cohérence ! Des études officielles de l'Agence des aires marines protégées viennent de conclure que le MOR BRAZ pourrait faire l'objet d'un projet de parc naturel marin au regard des enjeux et de la richesse des ses écosystèmes. Et on autorise une compétition de motonautisme dans la baie de Quiberon au milieu des sites Natura 2000 à proximité de la réserve aux oiseaux de l'île de Méaban! Quelle cohérence !

C'est aussi aberrant que d'autoriser une compétition de moto cross au milieu du Parc de la Vanoise !

Quel type de tourisme nautique nous voulons ?
Nous appelons la population qui aime notre baie et son littoral à réagir face à cette manifestation sportive non adaptée à Mor Braz et qui après l'épisode des "vases" de la Trinité-sur-Mer font douter de la volonté des pouvoirs publics de protéger la mer notre patrimoine commun.

D'autant que dans l'article faisant la promotion de cette compétition sportive on évoque la création d'une section de motonautisme qui pourrait concerner 70 % des bateaux du Crouesty !

On peut se poser la question quel type de tourisme nautique voulons nous pour MOR BRAZ ? Quant à nous notre réponse est claire on veut une forme de tourisme qui respecte les atouts de MOR BRAZ ses richesses environnementales, ses paysages remarquables, ses pratiques de navigation durable, ses ressources halieutiques et de l'aquaculture...loin d'un circuit de vitesse de motonautisme même le temps d'un week-end.

samedi 20 mars 2010

Saint-Gildas : Un projet de rejet de la station d'épuration au Goh Velin !

Le projet d’extension de la station d’épuration de Saint-Gildas de Rhuys a été présenté par le SIAEP (Syndicat Intercommunal d'Assainissement et d'Eau Potable) de la Presqu’île de Rhuys le 11 mars dernier (présentation ci-jointe) dans une réunion où Sémaphore a été convié.

Les grandes lignes de ce projet :
Extension de la capacité de 9.000 EH (équivalents habitants) à 14.500 (la station actuelle était proche de la saturation en été, mais une partie des eaux usées du territoire communal (et de Sarzeau) (1000 à 3000 EH) a été déportée vers la station d’Arzon qui est actuellement largement en surcapacité.

Les solutions étudiées :
- Technologie d’épuration : Lagunage, Filtres plantes et roseaux, disques biologiques, boues activées (technologie actuelle de la station), boues activées + membranes
- Rejets des eaux traitées : Dans l’étier de Kerpont; Stockage / Déstockage; Irrigation terres agricoles; Infiltration dans le sol; Dispersion dans une aire végétalisée; Dispersion en mer.

Les études auraient démontré que les alternatives à une dispersion en mer n’étaient pas « viables ».
28 simulations (selon vents, marées, courants) sur 5 points potentiels de rejets en mer (de 90m à 1.100m de la plage du Goh Velin) ont été réalisées par SEAMER.

La solution retenue par le SIAEP (correspondant à l’arrêté préfectoral du 6 mai 2009) :
- Epuration par boues activées et filtrage membranaire
- Rejet en mer sur la plage du Goh Velin près du Rohu, sortie de l’émissaire à 200 mètres du haut de la plage et à 1 mètre sous le niveau des basses eaux (voir carte)
Planning prévisionnel (sous réserve d’obtention des autorisations et des permis de construire) :
Enquête publique pour le rejet en mer en mai/juin 2010
Station opérationnelle au mieux avant l’été 2011

La DCE (Directive Cadre Européen sur l’eau) impose pour 2015 un « bon état ou un bon potentiel » de la qualité des eaux, ce qui implique entre autres le contrôle des concentrations et le traitement des micro-polluants (métaux lourds, médicaments, pesticides..).
Les équipements prévus de la nouvelle station de Saint-Gildas ne le permettront pas.

Sémaphore a décidé d’informer la population sur ce projet qui pose problème sur le principe du rejet en mer et plus particulièrement à cet endroit (plage du Goh Velin) très fréquenté par les pêcheurs à pied et les baigneurs. Après une expertise du dossier complet nous prendrons une position que nous défendrons devant les décideurs.

jeudi 18 mars 2010

Schéma des dragages en Morbihan : 3 associations demandent le report

Eau et Rivières de Bretagne, Bretagne Vivante et Sémaphore ont écrit au Préfet du Morbihan sur les suites des travaux du projet de schéma de référence des dragages pour demander de "reporter la finalisation des travaux d'élaboration du schéma départemental en attendant d'avoir connaissance des nouvelles règles qui doivent conclure les travaux sur les engagements du Grenelle de la mer."
Rappel de l'engagement 29.3 du Grenelle de la mer qui stipule : "Interdire le rejet en mer des boues de dragages polluées : mettre en place une filière de traitement des boues et de récupération des macro-déchets associés". Un groupe de travail "Sédiments" s'est réuni en ce début d'année mais les conclusions ne sont pas encore connues ainsi que les positions du ministère sur la mise en oeuvre de ces nouvelles orientations.

Enfin les trois associations qui siègent dans les groupes de travail du schéma ont précisé leurs positions sur leurs objectifs et leurs approches dans ce sujet complexe du traitement des vases issues des dragages des ports.

samedi 13 mars 2010

Le bilan officiel mais "opaque" des dragages en France

Lors de la réunion du 27 janvier 2010 du groupe de travail "Sédiments" le CETMEF a présenté le bilan officiel assez succinct des dragages pour l'année 2008. Le président de Sémaphore représentait France Nature Environnement lors de cette réunion et nous publions la totalité de cette présentation sur notre site.

Une augmentation constante des volumes dragués.
Pour l'année 2008 le volume global est de plus de 37 millions de m3, alors qu'en 2001 il était de 30 millions. Il augmente régulièrement si on exclut les travaux de Port 2000 qui ont fait grimper ponctuellement le volume de plus de 50 millions en 2002.


90 % des vases sont immergées avec des dépassements de seuil de contamination.
En 2008 plus de 90 % sont immergées sur 38 sites (16 en Manche, 29 en Atlantique et 3 en Méditerranée). Les sites accueillant les plus gros volumes se situent à proximité des ports autonomes (Nantes, Bordeaux, Rouen...) qui sont les maîtres d'ouvrage des opérations de dragage les plus importantes. Sur la diapositive numéro 13 figure le tableau des dépassements de seuil une quinzaine en 2007 dont deux en Bretagne à Morlaix et Lorient.

Un bilan incomplet
Toutefois, les représentants des associations ont regretté lors de cette réunion le caractère trop succinct du bilan et ses manques. Par exemple, aucune explication ne figure sur les dépassements de seuil. Le suivi des sites d'immersion n'apparait pas ni le volume cumulé immergé sur plusieurs années. Pour l'instant si ces demandes ont été actées elles n'ont pas l'objet de réponses concrètes.

La problématique des vases avec les questions sur l'immersion, leur contamination et le suivi semble être un sujet délicat où domine encore une certaine opacité comme dans la mer après une opération de clapage de sédiments dragués !

mercredi 3 mars 2010

Un arrêté complémentaire du Préfet : un triple aveu qui arrive trop tard.

L’arrêté complémentaire du Préfet (dont vous trouverez ici une copie intégrale) qui prescrit de nouvelles mesures au Syndicat mixte pour les travaux de dragage du port de la Trinité-sur-Mer constitue un triple aveu donnant raison à toutes les actions des associations et des élus qui ont relayé les craintes des populations du littoral.

1er aveu : dans l’existence même de cet arrêté qui complète le premier en date du 28 août 2008. Dans notre document « 10 raisons de refuser l’immersion des « vases » du port de La Trinité-sur-Mer… », nous avions soulevé « un suivi insuffisant des opérations de dragage et d’immersion ». Les nouvelles dispositions prévues dans cet arrêté sont plus contraignantes et le suivi prolongé après les travaux.

2ème aveu : ces nouvelles mesures sont motivées par « la présence du tributyl étain (TBT) dans les sédiments manipulés » celle-çi est ainsi actée. Dans nos « 10 raisons… », nous avions dénoncé « une contamination au TBT … après immersion ». N’en déplaise à ceux qui ont minimisé ce risque, cet arrêté remet donc en cause le dossier de déclaration des travaux et son instruction. Cette contamination a été minimisée dès le départ afin de pouvoir passer entre les mailles de la réglementation et du principe de précaution.

3ème aveu : nous avions dénoncé « une absence d’analyse des sédiments durant les travaux », l’article 1 du nouvel arrêté prévoit des mesures hebdomadaires sur 3 points pendant le chantier. De surcroît, « un suivi biométrique des huîtres sera conduit sur des concessions ostréicoles afin de détecter d’éventuels phénomènes de chambrage qui seraient révélateurs d’une contamination des coquillages par le TBT. » un mois après la publication de l’arrêté ….donc en fin de chantier ! Le risque sur les coquillages est connu depuis plus de 30 ans (cf l’article sur la contamination au TBT dans la baie d’Arcachon sur notre blog.) En pleine crise de l’ostréiculture, ces travaux sont un véritable « coup de poignard dans le dos de la profession » qui n'en n'avait pas besoin.

Nous ne pouvons que nous réjouir que nos craintes soient enfin reconnues mais nous dénonçons avec autant de convictions le caractère trop tardif de ces mesures. Nous demandons l’application au titre du principe de précaution la révocation de l’autorisation prévue dans l’article 3 du nouvel arrêté et l’arrêt immédiat des travaux.

lundi 1 mars 2010

Tempête XYNTHIA : un communiqué de FNE et Mor Braz concerné

Nous publions intégralement le communiqué de France Nature Environnement (FNE) sur la catastrophe qui a touché le littoral de Vendée et de Charente Maritime ce week end en faisant plusieurs dizaines de victimes sur le passage de la tempête XYNTHIA.

Notre région le littoral de Mor Braz a été peu touchée cette fois-ci, mais les évènements de ce week-end doivent renforcer la prise de conscience des populations et des décideurs sur les risques littoraux qui accompagnent le dérèglement climatique et la montée des eaux.

Lors du week-end sur l'environnement en octobre dernier organisé par la Communauté de communes de la Presqu'île de Rhuys une première sensibilisation a été faite avec les deux conférences de Jean JOUZEL et Laurent LABEYRIE sur les changements climatiques et les répercussions dans notre région. Au cours de la table ronde du groupe "trait de côte" une première présentation a été faite d'un point de vue historique par Guy TOUREAUX sur "Rhuys au péril de la mer", mais aussi par deux techniciens de l'ex Direction de l'Equipement (DDEA) avec une première approche de la carte des risques du littoral du Morbihan (article d'Ouest France du lundi 26 octobre 2009). Nous reviendrons sur ce sujet prochainement dans notre blog.

Afin de se préparer à des évènements climatiques exceptionnels comme celui de ce week-end avec la tempête XYNTHIA, il est important d'intégrer ces nouvelles données dans les documents d'urbanisme comme le SCOT dont nous déplorons son caractère peu maritime dans la première présentation qui a été faite de l'état des lieux. Un volet littoral du SCOT de la presqu'île de Rhuys serait pertinent comme le prévoit les textes.

Enfin, il n'y a pas de prévention aux risques majeurs sans une sensibilisation de la population, on peut regretter que le week-end de l'Environnement de l'année dernière sur lequel nous fondions beaucoup d'espoir reste au niveau des déclarations d'intention, de la parole ....mais peu dans les actes.

dimanche 28 février 2010

Il y a 28 ans les dégâts du TBT sur les huîtres provoquent son interdiction partielle !

Il est parfois utile de revenir sur les retours d'expérience et nous avons trouvé dans la revue METROPOLIS n° 54/55 publiée en 1982 un article intitulé "Le bassin d'Arcachon un site antenne de pollution" qui résonne étrangement avec la situation que nous connaissons aujourd'hui avec les "vases" de la Trinité-sur-Mer.

Une pollution pas frappante mais nocive
Partant du constat que la situation géographique du bassin d'Arcachon (une baie fermée) subit une pollution non spectaculaire mais réelle issue d'un déséquilibre invisible "dû à un apport dans l'eau de mer, de quantité infinitésimales de métaux lourds, de biocides, d'herbicides et de détergents." l'auteur décrit les dommages : "Depuis 1976, le captage d'huîtres est devenu nul. De plus, la qualité des produits s'est progressivement dégradée, par défaut de calcification et formations de poches contenant des matières nauséabondes".

L'anti-fouling et son TBT coupable
L'auteur Dominique BORDES-SÜE par ailleurs responsable d'une mission scientifique pour la coopérative d'ostréiculteurs désigne l'anti-fouling comme le responsable de cette mortalité des naissains : "Des études scientifiques ont établi un lien de cause à effet entre ces deux éléments (anti-fouling et mortalité des naissains) : l'anti-fouling contient un produit actif, l'acétate de tributylétain(TBT) dont cinq "partie par billion" suffisent pour tuer les larves d'huîtres en 24 heures."

Les mesures immédiates
Le constat se termine par une proposition de bons sens : "Au premier rang des mesures à prendre immédiatement, figure l'interdiction des peintures anti-fouling." Elle interviendra en 1982 pour les bateaux de moins de 25 mètres et en 2004 pour tous les bateaux sauf les navires de la Marine Nationale qui peuvent continuer à les utiliser.

Le TBT aujourd'hui est encore présent et reste nocif
Le TBT reste capté dans les vases et reste actif durant une période qui peut s'étendre sur 20 ans. Selon un document de l'Union des associations de navigateurs du Morbihan- UNAN daté du 17 novembre 2009 "La production actuelle de TBT était estimée à environ 50 000 tonnes dans le monde en 2002, dont 3000 tonnes seraient utilisées en France". De surcroît, toujours selon cette note de l'UNAM "certaines études de contamination par le TBT mentionnent des fraudes massives sur l'usage illégal du TBT en Bretagne Ouest".

Vous pouvez lire intégralement cet article qui n'a pas perdu de son actualité. Près de 30 ans se sont écoulés depuis et malheureusement certains décideurs du Morbihan restent sourds aux expériences et aux évidences scientifiques. Il faudra encore beaucoup de mouvements d'opinion pour faire du "principe constitutionnel de précaution (article 5)" un véritable guide pour l'action publique en mer.